
Speechka
Votre voix clonée, traduite en direct.
points forts
- + Voix clonée conservée en traduction, pas un simple sous-titrage
- + Tarif horaire effectif (~6,66 $/h) nettement sous Palabra.ai et Wordly
- + Mode Broadcast compatible 100+ apps sans installation côté interlocuteur
- + Chaîne technique publiée nommément sur la page Subprocessors
- + Compromis qualité/latence exposé plutôt que caché (Higher quality / Faster)
points faibles
- − Pas de version mobile ni d'API publique
- − Écart facteur 7 entre la latence annoncée (200 ms) et le délai réel (~1,5 s)
- − Version française traduite à moitié par machine
- − Éditeur individuel sans société, aucun avis indépendant
review complète
Speechka — Votre voix, dans 44 langues, pour le prix d'un café
État des lieux
Speechka est une app de bureau (macOS, Windows) qui fait une chose, et une seule : vous parlez en français, votre interlocuteur vous entend en anglais, avec votre propre voix. Lancé le 23 septembre 2026 sur Product Hunt par un développeur solo ukrainien, Dmytro Ivanchenko, UX designer de son état, l'outil revendique 44 langues, une latence de 200 millisecondes, et deux modes — Listen (la traduction revient dans vos écouteurs) et Broadcast (la traduction sort par un micro virtuel que Zoom, Meet, Teams ou Discord voient comme un micro normal).
Le produit est neuf : 36 heures d'existence au moment de l'enquête, 12e du classement du jour sur Product Hunt, 6 commentaires, 94 followers. Pas de mobile, pas d'API publique, pas de version web au-delà d'une démo de cinq minutes. C'est un artisan, pas une usine.
La carte des menus
Le tarif se lit sur la page officielle (relevé le 24 septembre 2026) : un essai gratuit de 7 jours et 10 crédits, sans carte bancaire, une fois par adresse e-mail ; puis l'abonnement Pro à 19,99 dollars par mois pour 180 crédits. Des crédits additionnels s'achètent à la pièce : 60 pour 9,99 dollars, 180 pour 24,99, 360 pour 39,99.
Le chiffre qui compte, c'est l'équivalence que le site ne publie pas mais que le créateur a confirmée noir sur blanc sur Product Hunt : 1 crédit égale 1 minute de traduction. Faites le calcul : 180 minutes pour 19,99 dollars, soit environ 6,66 dollars l'heure. En face, Palabra.ai facture son palier d'entrée 20 dollars l'heure, et Wordly, le spécialiste de l'interprétation de conférence, tourne autour de 150 dollars l'heure. Speechka se place donc délibérément sous le marché — mais il ne vend pas la même chose : ni API documentée, ni gestion multi-locuteurs, ni tableau de bord d'équipe.
Ce que la bête sait vraiment faire
Trois briques, dans l'ordre.
D'abord, le mode Broadcast. L'audio traduit passe par un micro virtuel, l'interlocuteur n'installe rien, et le site revendique 100 applications compatibles. C'est la fonction qui justifie le produit : une visio, un stream, un appel, et la barrière de langue saute sans que l'autre bout du fil ait à lever le petit doigt.
Ensuite, la voix personnelle. Dix secondes d'échantillon suffisent pour créer un profil de voix, réutilisable dans plusieurs contextes (pro, stream, quotidien). C'est le clonage vocal qui distingue Speechka d'un simple sous-titreur.
Enfin, un compromis exposé plutôt que caché : deux réglages, « Higher quality » (voix plus naturelle) et « Faster translation » (latence minimale). Le site reconnaît qu'il faut choisir ce qui compte le plus pour chaque session. Honnête, et c'est précisément là que le produit se joue.
La transparence a aussi son revers instructif : la page Subprocessors liste nommément toute la chaîne. Deepgram transcrit, OpenAI traduit, ElevenLabs génère la voix, Supabase gère les comptes, Stripe encaisse, Render héberge. Chaque phrase prononcée passe donc par au moins trois prestataires américains hébergés hors de l'Union européenne. Pour une réunion d'entreprise chargée de données clients, c'est un point à vérifier avant déploiement, pas un détail.
Les couleuvres à avaler
La première couleuvre est servie sur un plateau par le site lui-même : sa version française est traduite à moitié par machine. « Continuez avec un monthly subscription et ajoutez des credits » — un outil qui vend de la traduction et qui ne traduit pas sa propre vitrine. L'ironie se goûte gratuitement.
La deuxième tient à l'écart entre deux chiffres. Le site annonce « 200 ms Translation latency ». Le créateur écrit sur Product Hunt : la dernière version ramène le délai moyen de livraison à environ 1,5 seconde. Un facteur sept d'écart. Les deux ne mesurent pas la même chose — le premier ressemble à un délai de premier segment, le second à une livraison moyenne — mais un agrégateur qui recopie le 200 ms sans le 1,5 seconde raconte la moitié de l'histoire.
La troisième : deux questions techniques, posées publiquement par des gens qui construisent des agents vocaux — la prise de tour et le chevauchement de parole — sont restées sans réponse du créateur. Or un outil de traduction en réunion échoue exactement là, quand deux personnes parlent en même temps.
Le reste est du classique de jeune produit : aucun avis indépendant, zéro fil Hacker News, pas de mobile, un éditeur individuel sans société ni adresse, une vérification d'identité qui repose sur une case à cocher, et une politique d'usage qui interdit explicitement le médical, le juridique, le financier et l'urgence. L'éditeur lui-même ne garantit rien au-delà de la conversation courante.
Enfin, un piège pour le lecteur distrait : le nom n'est pas unique. speechka.ai (un service russe, l'allumette) et speechka.app n'ont rien à voir avec speechka.io. Tapez l'URL exacte.
Verdict
Speechka fait une chose précise, la fait en direct plutôt qu'en différé, et la facture sous le prix du marché. À 6,66 dollars l'heure, c'est un tarif de freelance pour un outil qui remplace un interprète — à condition de ne pas lui demander ce qu'il ne vend pas : pas de mobile, pas de multi-locuteurs, pas de garantie au-delà de la conversation courante.
Pour un lecteur solo qui veut suivre une réunion en anglais ou streamer dans une autre langue sans changer d'outil, c'est un essai gratuit de 7 jours qui ne coûte rien à tenter. Pour une équipe qui envisage l'outil en production, la chaîne Deepgram-OpenAI-ElevenLabs et l'absence de société sont deux raisons de réfléchir à deux fois.
Un produit jeune, honnête sur ses limites, qui a le mérite de publier sa chaîne technique et d'exposer ses compromis. À surveiller, pas encore à adopter les yeux fermés.
★★★★☆
cas d'usage
- 1. Suivre une réunion en anglais sans rien installer côté interlocuteur
- 2. Streamer ou faire une visio dans une langue étrangère en gardant sa voix
- 3. Appels clients multilingues pour freelances
- 4. Créateurs de contenu qui doublent leur propre voix
- 5. Conversations en face à face (dans la limite du desktop)
astuces
- → Utilisez la démo navigateur de 5 minutes pour tester avant l'essai de 7 jours
- → Gardez le mode Listen pour soi, basculez en Broadcast seulement en appel
- → Créez plusieurs profils de voix (pro, stream) à partir d'un seul échantillon de 10 secondes




