
Dots
L'agent qui bosse la nuit, mais pas chez vous.
points forts
- + Vraiment autonome : ordinateur cloud et navigateur propres, travail en arrière-plan même PC éteint
- + Mémoire continue à travers ChatGPT, Slack, Teams et l'appel vocal
- + Recherche proactive en lecture seule sur Gmail, Drive, GitHub
- + Garde-fous sérieux : revue automatique des actions risquées, mots de passe jamais vus par le modèle
- + Règles de comportement personnalisables par action sensible
points faibles
- − Aucun palier gratuit : entrée à 100 $/mois (Pro 100), cinq fois Grok Bot
- − Exclusion géographique : Pro réservé hors EEE, Royaume-Uni et Suisse, la France n'y a pas droit
- − Pause ne met en pause que la tâche principale, et déconnecter une app n'efface rien
- − Pas de création mobile ni de SMS, un seul dot principal au lancement
review complète
Dots — L'agent qui bosse la nuit, mais pas chez vous
État des lieux
Au DevDay 2026, le 29 septembre à San Francisco, OpenAI a dégainé Dots. Derrière ce nom de bonbon se cache la dernière promesse du labo : des agents dits « toujours actifs » (always-on), propulsés par GPT-6 Astra, et dont chacun dispose de son propre ordinateur dans le cloud et de son propre navigateur. On ne leur donne pas un prompt, on leur confie une responsabilité. On les joint depuis ChatGPT, Slack ou Teams, et ils continuent de travailler en arrière-plan, y compris quand votre ordinateur est éteint.
Trois semaines plus tôt, Meta avait sorti Muse : même esthétique de petits personnages mignons, même promesse d'un majordome numérique. Dots est un clone assumé, et la guerre des mascottes est officiellement ouverte. Sauf que le sujet, pour un lecteur français, n'est pas vraiment « un nouvel agent ». C'est « un nouvel agent auquel la France n'a pas droit ».
La carte des menus
C'est ici que la plupart des titres ont décroché, alors restons précis. Dots n'a pas de prix propre : le premier dot est « inclus sans surcoût » dans un palier éligible. Le moins cher est ChatGPT Pro 100, à 100 $ par mois. Les offres Free, Go et Plus, les plus populaires du grand public, n'ont droit à aucun dot.
Au-dessus, trois paliers Pro : Pro 100 (100 $/mois), Pro 200 (200 $/mois) et Pro 500 (500 $/mois, qui ajoute la vitesse Ultrafast). Tous incluent un dot. Côté entreprises, Business Premium tourne autour de 100 $/mois facturés annuellement (125 $ en mensuel) par siège, avec un dot inclus, et reste disponible dans le monde entier — mais un espace de travail Business exige au moins deux sièges, ce qui fait grimper le plancher européen réel à environ 120 $/mois.
Et la cerise géographique : sur les plans Pro, les dots sont réservés aux utilisateurs « hors Espace économique européen, Royaume-Uni et Suisse », majeurs de 18 ans. La France est donc exclue au lancement, sans date d'ouverture annoncée. En clair : OpenAI vous propose un assistant personnel à 100 $ par mois, sauf si vous habitez en France. Un détail de comptage à retenir : discuter avec son dot ne consomme pas vos limites ChatGPT, mais les tâches qu'il lance dans Codex ou ChatGPT Work, si.
Ce que la bête sait vraiment faire
Ne boudons pas notre plaisir : techniquement, la chose est sérieuse. Chaque dot est un agent persistant logé dans ChatGPT, qui poursuit des objectifs définis par l'utilisateur en continu. La spécificité qui le distingue d'un chat classique, c'est cet ordinateur cloud dédié : on peut l'ouvrir à tout moment, cliquer sur « Take over » pour faire une étape soi-même, puis lui rendre la main. L'accès à votre machine locale est optionnel, désactivé par défaut, et limité à un seul ordinateur personnel à la fois.
La recherche proactive est le morceau le plus intéressant : quand on ne lui parle pas, le dot cherche des façons d'aider, en lisant les applications connectées (Gmail, Google Drive, GitHub) via des outils en lecture seule, qui ne peuvent ni envoyer de messages ni modifier du contenu. Pour les gros chantiers, il découpe la tâche entre plusieurs agents parallèles, ouvre des fils ChatGPT distincts et lance des tâches Codex dans le cloud.
La mémoire est continue : on joint le même dot depuis le bureau, le web, le mobile, Slack ou par appel vocal, sans que changer de canal ne réinitialise quoi que ce soit. Chaque dot a un nom, un avatar de dessin animé, et des règles personnalisées — pour chaque action sensible, quatre comportements possibles, d'« agir sans demander » à « confier la tâche à l'utilisateur ». Les garde-fous méritent une mention : revue automatique de toute action risquée, mots de passe saisis dans un formulaire privé que le modèle ne voit jamais, et OpenAI affirme ne pas entraîner ses modèles sur la recherche proactive ni sur les notes privées du dot.
Les couleuvres à avaler
Les réglages contre-intuitifs sont documentés, et ils sont de nature à faire frémir quiconque confierait sa vie numérique à un agent « toujours actif ». Premier piège : le bouton Pause ne met en pause que la tâche principale. Les tâches déléguées et les exécutions planifiées continuent jusqu'à ce qu'on les arrête explicitement dans Activity et Scheduled. Deuxième piège : déconnecter une application n'efface pas ce que le dot en a déjà tiré. Seule la suppression complète du dot efface mémoire, conversations et plannings.
Les trous du lancement sont tout aussi assumés : pas de création depuis le mobile (il faut l'application de bureau ou un navigateur de bureau), le dot ne peut pas vous appeler (l'inverse seulement, pour l'instant), pas de SMS, pas d'adresse e-mail propre, et un seul dot principal au départ. Le déploiement est progressif : un compte éligible peut attendre plusieurs jours avant de voir l'option apparaître.
La communauté technique, elle, n'a pas fait dans la dentelle. Le fil Hacker News du lancement totalise 572 points et 426 commentaires, massivement critiques. On y lit que la page marketing est « épouvantable » et qu'on n'y comprend toujours pas ce qu'est le produit, des comparaisons répétées avec Clippy, et ce soupçon tenace : « quand ils les dessinent aussi mignons, c'est qu'ils sont problématiques et invasifs ». Un Européen résume l'affaire : « vivant dans l'UE, je m'en doutais ».
Verdict
Dots est une démonstration technique impressionnante, mais un produit au positionnement bancal : cinq fois le tarif de Grok Bot (20 $/mois), aucun palier gratuit face à un Meta Muse qui démarre à zéro euro, et une exclusion géographique qui retire d'office l'Europe de l'équation. Pour le lecteur français, la conclusion tient en une phrase : un assistant personnel qui n'assiste pas la France.
★★★☆☆ — Trois étoiles : la technologie impressionne, le prix et la géographie refroidissent.
cas d'usage
- 1. Projets de code longs : correction de bugs et mise à jour de documents en continu
- 2. Veille et suivi récurrent d'objectifs avec contrôles planifiés
- 3. Délégation de tâches depuis Slack ou Teams sans changer d'outil
- 4. Orchestration de gros chantiers découpés en agents parallèles (Codex cloud)
- 5. Assistant personnel persistant à mémoire continue multi-canal
astuces
- → Le bouton Pause n'arrête que la tâche principale : passez aussi par Activity et Scheduled pour stopper les tâches déléguées
- → Seule la suppression du dot efface mémoire, conversations et plannings ; déconnecter une app ne suffit pas
- → Discuter avec son dot ne consomme pas vos limites ChatGPT, mais les tâches Codex et ChatGPT Work oui




