
KernelAI
53 modèles d'IA, zéro cloud
points forts
- + Gratuit, sans compte, sans abonnement, sans plafond d'usage
- + 53 modèles de 15 organisations, de 112 Mo à 3,11 Go
- + Tout tourne en local via llama.cpp : rien n'est envoyé au cloud
- + Garde-fou mémoire par appareil affiché en clair
- + RAG local sur PDF, DOCX, CSV et Markdown, plus 5 modèles vision
points faibles
- − Application fermée : seuls les modèles sont ouverts, aucun code publié
- − Modèles plafonnés à 3,11 Go (gamme 0,3 à 4B), qualité limitée face au cloud
- − Licences hétérogènes des 53 modèles, sans récapitulatif dans l'app
- − Adoption Android quasi nulle (100+ téléchargements, 3,9/5)
review complète
KernelAI — L'IA qui tient dans la poche, et qui ne dit rien à personne
État des lieux
Voici un produit que la veille présentait comme un lancement du 9 octobre, alors qu'il traînait sur l'App Store depuis le 17 janvier : neuf mois de maturation discrète avant de chercher la lumière. KernelAI, application mobile d'Anes Khadiri — un développeur solo qui raconte l'avoir commencée « dans un aéroport, sur mon téléphone » — fait tourner des modèles d'IA entièrement sur le téléphone. Pas de compte, pas d'abonnement, pas de connexion.
Le catalogue est le véritable argument : 53 modèles à poids ouverts issus de 15 organisations, du plus petit (112 Mo) au plus gros (3,11 Go), propulsés par llama.cpp sur le CPU et le GPU de l'appareil. L'événement des 9 et 10 octobre n'est donc pas la naissance d'un produit, mais son premier passage sur Product Hunt, doublé de son ouverture à Android.
La carte des menus
Rien à payer, et c'est rare au point d'en être suspect : l'app est gratuite, sans compte, sans abonnement, sans plafond d'usage. Les pourboires optionnels ne débloquent aucune fonction — la FAQ le dit noir sur blanc. Le seul coût, c'est le matériel : l'app pèse 88 Mo sans modèle, et chaque fichier se télécharge à part en Wi-Fi, du 112 Mo au 3,11 Go.
Nuance sémantique à garder en tête : « gratuit » ne veut pas dire « open source ». Les modèles sont ouverts, l'application est un logiciel propriétaire dont aucun code n'est publié. Ne cherchez pas le dépôt : il n'existe pas.
Ce que la bête sait vraiment faire
Le geste est simple et honnête : après un téléchargement unique, chaque requête est traitée en local, sans aller-retour réseau. La promesse de confidentialité n'est pas un slogan — techniquement, l'app ne peut pas envoyer ce qu'elle ne transmet pas.
Le catalogue couvre large : huit modèles Google (dont Gemma 4 E2B en vision, 3,11 Go), quatorze Qwen (jusqu'à 201 langues), les Granite d'IBM, les SmolLM de Hugging Face, Llama, Phi, DeepSeek, Stable, Ministral, Nemotron. Cinq modèles vision lisent images et captures. Et la bravade technique que le site revendique est réelle : chaque fiche confronte le modèle au budget mémoire de l'appareil, et les modèles qui ne tiennent pas sont désactivés avec les chiffres en clair (« Requires 3.4GB RAM · Your device: 2.9GB »). Un garde-fou contre le téléchargement d'un modèle de 3 Go sur un téléphone qui n'en a que 4.
Autour : RAG local sur PDF, DOCX, CSV et Markdown ; dictée par la reconnaissance vocale d'Apple, sans que l'audio ne parte nulle part ; deux actions Raccourcis déclenchables par Siri ; import de GGUF depuis Fichiers ou une URL ; et une recherche web optionnelle, désactivée par défaut, qui n'existe qu'avec votre propre clé Tavily ou Exa.
Les couleuvres à avaler
La première est sémantique : « open models » partout, mais l'app est fermée. Le lecteur pressé qui conclut « appli open source » se trompe, et le dossier le dit. Ajoutez que les 53 modèles relèvent de 15 licences différentes — permissives pour une partie, à clauses d'usage pour d'autres, certaines restreignant le commercial — sans récapitulatif dans l'app.
La deuxième, c'est l'échelle : le plus gros modèle plafonne à 3,11 Go, soit la gamme 0,3 à 4B. La qualité de réponse plafonne bas face à un cloud, et le site l'avoue d'une phrase : un fichier plus gros « répond généralement mieux et génère plus lentement ». La troisième, c'est l'adoption : 41 notes côté App Store américain, deux côté français, « 100+ téléchargements » et 3,9 sur 5 côté Android, aucun fil Hacker News. Le « zéro réseau » a aussi une exception : des diagnostics techniques partent vers Sentry. C'est déclaré, donc honnête — mais ce n'est pas le silence absolu.
Verdict
KernelAI est le parfait représentant grand public de l'IA locale : zéro cloud, zéro abonnement, et un catalogue de 53 modèles qui tient dans la poche. Son garde-fou de mémoire par appareil et sa transparence sur ce qui quitte le téléphone sont d'une honnêteté rare. Mais derrière le mot « open », il faut lire « modèles ouverts, appli fermée » — et face à PocketPal, réellement open source, ou à Private LLM et son runtime optimisé, le différentiateur tient au nombre de modèles et à la gratuité sans compte, pas à une supériorité technique. Pour qui veut un assistant qui ne sait rien de vous parce qu'il ne peut rien envoyer, c'est un excellent compagnon de poche. Pour qui cherche la puissance d'un 7B, il faudra regarder ailleurs. ★★★★☆
cas d'usage
- 1. Interroger un assistant sans envoyer ses données à un cloud
- 2. Résumer un PDF ou un tableur hors connexion (avion, métro, zone blanche)
- 3. Photographier un panneau, un menu ou un reçu et demander ce qu'il dit
- 4. Écrire ou corriger du code hors connexion
- 5. Dicter une question sans que l'audio quitte l'appareil
astuces
- → Téléchargez les modèles en Wi-Fi : le plus gros pèse 3,11 Go
- → Privilégiez les modèles sous 1 Go sur un téléphone à 4 Go de RAM
- → La recherche web exige votre propre clé Tavily ou Exa ; désactivée par défaut
Auteur
Krugz
Développeur fullstack
Développeur fullstack qui tente, tant bien que mal, de suivre l'actualité de l'IA au milieu d'une marée d'informations imbuvables et des milliers d'outils et de modèles qui sortent chaque jour.




