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La mémoire de vos agents, pas un service.

visiter l'outil →open-sourceGratuit, open source (Apache-2.0). Aucune offre payante.

points forts

  • + Open source Apache-2.0, gratuit et sans abonnement
  • + Provenance exacte : chaque résultat remonte au tour, à l'agent et à la session d'origine
  • + Local-first : mémoire privée par défaut, publication uniquement sur commande explicite
  • + Multi-agents : un format unique pour Claude Code, Codex, pi et Hermes
  • + Rédaction automatique des secrets + secrets gate avant toute publication

points faibles

  • Traction quasi nulle : 47 étoiles GitHub, 10 points Hacker News
  • Couverture restreinte : 4 agents, pas de Cursor, ni d'opencode, ni de Windows
  • Benchmark maison sur 2 tâches, aucune comparaison indépendante
  • Dépendance à l'écosystème Hugging Face / Lance, désormais détenu par Nvidia

review complète

funes La mémoire de vos agents, pas un service

État des lieux

Le 3 septembre 2026, pendant que Jensen Huang signait officiellement le rachat de Hugging Face par Nvidia pour 12,93 milliards de dollars, la maison mère publiait un drôle de cadeau de bienvenue : funes, un binaire Rust d'une seule pièce qui transforme les sessions passées de vos agents de code en mémoire durable, indexée et interrogeable. Le hasard du calendrier n'en est pas un : le jour même, Hugging Face open-source la couche que toute la Silicon Valley rêve de facturer à l'abonnement.

L'idée tient en une phrase, et elle est politique : une mémoire est un dataset, pas un service. Là où Mem0 (à partir de 19 dollars par mois) et Zep (dès 125 dollars par mois) distillent vos conversations en faits sur leurs serveurs, funes garde les traces brutes chez vous dans un fichier Lance en local et ne les publie que si vous le décidez explicitement, sous forme de dataset Hugging Face que vous possédez.

Derrière le projet, un homme presque seul : David Corvoysier, ingénieur chez Hugging Face, 522 commits sur un dépôt créé le 18 juin 2026, première release v1.0.0 le 17 juillet, v1.3.0 le 1er septembre. Le nom vient de Borges, Funes el memorioso, l'homme qui n'oubliait rien. La traction, elle, est encore au ras des pâquerettes : 47 étoiles GitHub, 10 points Hacker News, un unique commentaire.

La carte des menus

Ici, pas de menu. C'est gratuit, point. Licence Apache-2.0, un curl et c'est installé. Pas de free tier, pas de quota, pas de case « passer au Pro pour débloquer votre propre mémoire ». La seule monnaie exigée est du temps : installer le binaire, ajouter vos agents, laisser l'indexation tourner.

Le modèle économique, Hugging Face ne s'en cache pas, n'existe pas. C'est un lab project, pas une business unit. Et c'est précisément le message : la mémoire de vos agents n'est pas un actif à louer au mois, c'est un dataset que vous possédez, versionnez et distribuez comme bon vous semble.

Ce que la bête sait vraiment faire

Le cœur du truc, c'est l'indexation des traces. funes add installe deux outils (recall et get) dans votre agent, construit un premier index, accroche un hook qui avale chaque tour de session, et publie en fin de session si une mémoire est liée. Quatre agents sont couverts aujourd'hui : Claude Code, Codex, pi et Hermes. Pas de Cursor, pas d'opencode, pas de Windows.

La recherche, elle, est hybride : vectoriel plus BM25, fusion des classements, re-rank par cross-encoder local, reweighting par récence. Chaque résultat retourne le texte original pas un résumé avec sa provenance exacte : l'agent, le timestamp, la session, le tour. Et une commande get qui rouvre le tour complet. C'est l'anti-hallucination par la preuve : la réponse n'est jamais distillée, elle est remontée à la source.

Le pipeline d'indexation est déterministe et incrémental : les nouveaux tours s'ajoutent sans ré-embêter tout l'historique, le backfill se fait par étapes bornées. Le format est ouvert : n'importe quel agent peut rejoindre via un export de traces au format parquet conforme.

Sur le terrain de la sécurité, funes fait ce que peu d'outils font : il rédige les credentials au moment de l'indexation, puis un second passage le secrets gate, toujours actif retient tout chunk qui ressemble encore à un secret avant publication. Vu que Hugging Face sort d'une cyberattaque par agents IA autonomes en juillet 2026, l'insistance n'est pas cosmétique.

Le benchmark maison handoff-vs-recall raconte une histoire instructive : sur deux tâches dont la réponse est impossible à reconstruire sans la session précédente, la compaction l'option par défaut de la plupart des agents échoue sur une tâche sur deux, parce que son résumé a aplati les constats importants. Le recall, lui, retourne les passages eux-mêmes et réussit les deux. Et il serait 8 fois moins cher qu'un handoff écrit sur une tâche, 4 fois sur l'autre.

Les couleuvres à avaler

D'abord, la traction. 47 étoiles après deux mois et demi, 10 points Hacker News le jour du lancement : on est loin du raz-de-marée. Le produit est jeune, non éprouvé à l'échelle, et ses seules preuves de coût reposent sur un benchmark de deux tâches publié par l'auteur lui-même. Aucune comparaison indépendante avec Mem0, Zep ou claude-mem.

Ensuite, la couverture. Quatre agents, c'est bien pour un manifeste, c'est mince pour un argument multi-agents que le projet revendique comme son atout numéro un. Cursor et opencode qui ont déjà leurs propres plugins mémoire sont absents, et Windows est laissé sur le bord de la route.

Puis la dépendance. Un outil local-first dont le stockage Lance et la publication dataset dépendent de l'infrastructure Hugging Face qui appartient désormais à Nvidia. La logique est assumée, voire revendiquée : plus l'écosystème open source est riche, plus la demande de GPU grimpe. Mais appeler ça « posséder sa mémoire » suppose de faire confiance au hub.

Enfin, la sécurité a ses angles morts assumés : le README reconnaît que le checksum partage le bucket avec le binaire et n'authentifie pas le bucket lui-même. Et le risque de fuite de credentials via une mémoire publiée reste le point de vigilance numéro un un dataset privé par défaut n'excuse pas de vérifier le secrets gate avant chaque push.

Verdict

funes est un geste plus qu'un produit fini, et il faut le prendre comme tel. Techniquement, il résout un vrai problème les agents produisent déjà le registre de leur propre raisonnement, et on le jette à la fin de chaque session avec une élégance qui manque aux SaaS : la mémoire reste brute, remontable, possédée. Le jour où Nvidia rachète Hugging Face, c'est un contre-modèle entier qui est posé sur la table.

Mais c'est aussi un projet à 47 étoiles, couvrant quatre agents, dont la qualité réelle du recall à grande échelle reste à démontrer. Pour le développeur qui vit dans Claude Code ou Codex et en a assez de relire ses propres fichiers de mémoire, ça se tente maintenant. Pour les autres, c'est à surveiller de près et à retester quand la couverture et les étoiles auront grandi.

cas d'usage

  • 1. Continuité solo multi-machines : la mémoire suit le développeur
  • 2. Changer d'agent sans perdre le fil (Claude Code vers Codex)
  • 3. Onboarding d'équipe : récupérer les décisions et impasses jamais documentées
  • 4. Mémoire publique d'un projet open source, interrogeable sans rien installer
  • 5. Alternative à la compaction et au handoff pour les longues sessions

astuces

  • Lier tous ses agents à la même mémoire : funes add <agent> org/memoire
  • Publier une mémoire de release pour l'interroger depuis n'importe quelle machine
  • Garder les datasets privés et vérifier le secrets gate avant chaque push