
Earlyn
La mémoire d'écran du Mac, en local
points forts
- + Traitement 100 % local et chiffré, rien ne part sans action explicite
- + Timeline Rewind + recherche par mot et par sens sur la mémoire d'écran
- + Transcription de réunions dans ~100 langues avec séparation des locuteurs
- + Serveur MCP local pour brancher Claude Code, Codex, Cursor ou Gemini CLI
- + Éditeur qui publie ses propres mesures (stockage, WER, benchmarks)
points faibles
- − Apple Silicon uniquement, macOS 14+ (pas d'Intel, Windows ni Linux)
- − Pas de synchronisation entre machines, pas de version mobile
- − Éditeur anonyme, aucune entité juridique ni fondateur nommé
- − Produit de huit jours, pas d'import Rewind et consentement d'enregistrement à la charge de l'utilisateur
review complète
Earlyn — le Mac a de nouveau une mémoire, et elle ne sort pas de la machine
État des lieux
Le 19 décembre 2025, Rewind a cessé de capturer. La société qui le portait, Limitless, venait d'être rachetée par Meta, et l'application Mac a désactivé toute capture d'écran et d'audio du jour au lendemain. Microsoft Recall, lui, reste coincé sur les PC Windows Copilot+. Entre les deux, une place s'est libérée : la mémoire d'écran du Mac. Earlyn, huit jours d'existence au compteur, vient s'y glisser.
Le principe n'est pas neuf, et c'est précisément ce qui fait son intérêt. L'application garde une mémoire chiffrée de ce qui passe sur l'écran et dans les réunions, et la restitue en local : une timeline façon Rewind, une recherche par mot ou par sens, la transcription de réunions dans une centaine de langues, des résumés et une traduction en direct, plus un serveur MCP local qui branche Claude Code, Codex, Cursor, Windsurf ou Gemini CLI sur cette mémoire.
La différence, c'est que tout — extraction de texte, recherche, transcription, résumé, traduction — tourne sur le Mac, Apple Silicon uniquement, et que rien ne part sans action explicite de l'utilisateur. Un positionnement de confidentialité qui tombe à pic, au moment où l'éditeur anonyme de la précédente génération a été absorbé par un géant.
La carte des menus
Deux paliers, et pas un de plus. Le palier gratuit est un vrai palier, pas un leurre : 0 dollar à vie. Pendant sept jours, tout est débloqué sans carte ni compte. Ensuite, les réunions restent gratuites pour toujours — enregistrement, transcription en toutes langues, résumés, notes, traduction en direct — avec un historique de sept jours et l'export des données.
Le palier Pro facture 19 dollars par mois ou 149 dollars par an, pour la mémoire d'écran sur 90 jours, le replay audio des réunions, les agents et outils illimités, l'API locale et le serveur MCP. La clé de licence est vérifiée hors ligne.
Sous le capot, on trouve du concret : Whisper large-v3-turbo (574 Mo) pour la transcription, exécuté localement sur le GPU Apple, EmbeddingGemma 300M (334 Mo) pour la recherche par sens, et une base SQLCipher en clé 256 bits, images en AES-GCM, clés dans le Keychain. Rien de mystérieux.
Ce que la bête sait vraiment faire
Cinq modules, tous décrits en détail dans la doc — et c'est déjà une rareté dans la catégorie.
Le module Rewind capture l'écran principal environ une fois par seconde via ScreenCaptureKit. Une image n'est conservée que si le texte a changé ; un écran fixe ne stocke rien. Le texte exact est lu par l'API Accessibility de macOS, à défaut reconnu par OCR local (framework Vision). Les vignettes sont encodées en HEVC par le matériel, regroupées en segments chiffrés. On défile la journée, on cherche un mot, on compare deux moments, on épingle, on interroge une plage.
Le module Ask fait la recherche par mot (préfixe dès trois lettres) et par sens (embeddings), en plusieurs langues, avec des opérateurs qui sentent le vécu : app:, title:, before:, after:, is:pinned, is:meeting.
Le module Meetings détecte l'appel — Zoom, Teams, FaceTime, Slack, Discord, Webex, Google Meet — et demande le consentement avant d'enregistrer. Transcription locale, séparation des locuteurs, résumé avec décisions et actions, traduction ligne par ligne en direct, mémoire de voix, export PDF.
Et puis il y a le module qui devrait intéresser notre lectorat : un serveur MCP local sur 127.0.0.1 qui expose search_memory, recent_memories, get_memory, list_meetings, ask_earlyn, query_sql, run_workflow. Un clic l'enregistre dans l'agent de son choix. Votre mémoire d'écran devient une source interrogeable par votre agent de codage.
L'éditeur publie même ses mesures, méthode à l'appui : 9 Mo pour une heure d'écran dense, 72 Mo pour une journée de huit heures, 4,6 Go pour la fenêtre Pro de 90 jours ; 8,2 % de taux d'erreur sur la transcription turque contre 10,9 % pour Qwen3-ASR, tous deux sur un M2 8 Go ; et un benchmark de recherche sémantique où ses embeddings placent le bon document en tête 12 fois sur 12, contre 4 sur 12 pour Apple.
Les couleuvres à avaler
D'abord, Apple Silicon uniquement, macOS 14 minimum. Pas d'Intel, pas de Windows, pas de Linux. L'éditeur l'assume dans une section « Not best for », mais quand LUCI, le concurrent direct lancé une semaine plus tôt, est gratuit sur Mac ET Windows, l'argument « Mac seulement » se réduit à un choix de confidentialité, pas à une exclusivité fonctionnelle.
Ensuite, pas de synchronisation : la mémoire reste sur un seul Mac, volontairement. Pas de version téléphone, pas de partage entre ordinateurs. Et pas d'import d'un export Rewind — l'outil ne commence à se souvenir qu'à l'installation.
Le point le plus délicat : l'éditeur est anonyme. Aucune entité juridique, aucun fondateur nommé, seulement un e-mail de contact. Pour un logiciel qui capture l'écran, c'est à signaler noir sur blanc — une limite de vérification, pas une accusation.
Enfin, la jeunesse. Première version le 25 septembre 2026, version 1.2.1 le 3 octobre. Huit jours. Et l'enregistrement d'une conversation peut exiger l'accord de tous selon la juridiction : Earlyn ne notifie pas les autres participants et ne rejoint pas l'appel. La traction Product Hunt est modeste — 74 votes, 7 commentaires.
Verdict
★★★★☆
Earlyn arrive au bon endroit, au bon moment, avec le bon discours : la mémoire d'écran du Mac, traitée entièrement en local, chiffrée, documentée, et exposée aux agents de codage via MCP. C'est tout ce que Rewind n'était plus devenu, et tout ce que Recall n'est pas.
Mais c'est un produit de huit jours, signé par un éditeur anonyme, verrouillé sur l'Apple Silicon, sans synchronisation et sans import. Les chiffres publiés sont un modèle de méthode, les fonctions sont réelles, le prix est honnête — reste à prouver que l'outil tient la durée et que l'éditeur a un visage. À suivre de très près, mais avec un oeil sur la sortie.
cas d'usage
- 1. Retrouver un passage lu à l'écran des jours plus tôt
- 2. Transcrire et résumer des réunions en local, sans cloud
- 3. Donner à un agent de codage l'accès à sa mémoire d'écran via MCP
- 4. Rechercher un mot ou un sens dans tout ce qui est passé à l'écran
- 5. Traduire en direct une réunion multilingue sans quitter le Mac
astuces
- → Commencer par le palier gratuit : les réunions restent gratuites à vie après l'essai
- → Utiliser les opérateurs app:, title:, before:, after: pour cibler la recherche
- → Enregistrer le serveur MCP dans Claude Code ou Cursor pour interroger la mémoire par requête
Auteur
Vincent
Développeur fullstack & responsable informatique
Développeur fullstack et responsable informatique. Vulgarise l'IA au quotidien : décryptages sans langue de bois, tutoriels concrets et comparatifs d'outils testés sur le terrain.




