
Catenary
L'IDE spatial qui câble vos agents de code.
points forts
- + Orchestration spatiale réelle : canvas infini, worktrees 1 clic, plusieurs agents en parallèle
- + Local-first radical : zéro compte, zéro télémétrie, clés API jamais routées par l'éditeur
- + Licence à vie à 19 $, sans abonnement récurrent
- + Maestro Mode avec approbation humaine sur chaque action
- + Compatible avec les principaux agents du marché (Claude Code, Codex, Cursor, Grok, OpenCode, Pi)
points faibles
- − Produit public depuis 8 jours, zéro avis indépendant repéré
- − Installer non signé, bloqué au premier lancement
- − Code fermé : la promesse « vos clés ne nous transitent jamais » repose sur la parole du maker
- − Concurrence open-source gratuite (Cate, MIT, 2 132 étoiles)
review complète
Catenary — L'IDE spatial qui câble vos agents de code comme des Legos
État des lieux
Il faut l'admettre : piloter trois ou quatre agents de codage en même temps relève encore du bricolage. Une fenêtre de terminal par agent, des tabs qui s'empilent, du copier-coller de contexte entre les vitres, et à la fin on ne sait plus qui a touché quoi. C'est exactement ce gâchis que Catenary prétend abolir. Lancé sur Product Hunt dans la nuit du 7 au 8 septembre 2026 par Giorgio Nicolas, développeur solo, l'outil se présente comme un IDE desktop « spatial » : un canvas infini et zoomable où flottent terminaux, éditeur, navigateurs et worktrees git, tous reliés visuellement pour orchestrer plusieurs agents de codage IA qui tournent sous vos yeux.
Le pitch est séduisant, et le positionnement tranché : Catenary n'est pas un agent, il n'exécute aucun modèle, il ne proxy aucun prompt. Il branche les agents que vous payez déjà — Claude Code, Codex, Cursor, Grok, OpenCode, Pi — sur un même plan de travail, avec vos clés API, sur votre machine. La promesse qui suit est radicale : local-first, zéro compte, zéro télémétrie, et des clés qui ne transitent jamais par les serveurs de l'éditeur. Reste à voir si un produit âgé de huit jours au moment du dossier tient cette promesse.
La carte des menus
Pas d'abonnement, pas de compte, pas de carte bancaire pour commencer. Le modèle économique est à l'achat, chose devenue rare dans l'orchestration d'agents.
Le plan Free (0 $) ouvre le canvas, les terminaux, l'éditeur Monaco, le navigateur et git sans limite, ainsi que les « context wires » illimités. En revanche : un seul projet ouvert à la fois, deux tâches parallèles maximum, deux helpers Maestro et quatre des cinq squads intégrés. C'est le plan de découverte, pensé pour appâter sans frustrer.
Le plan Pro, lui, se paie une seule fois : 19 $ en prix de lancement, 29 $ ensuite. Il débloque tout : projets et tâches illimités, cinq helpers Maestro ajustables de deux à dix, les cinq squads, des squads personnels, l'activation sur deux machines et les mises à jour de la ligne 1.x. Un essai Pro de sept jours est offert sans carte. La licence est vérifiée hors-ligne par signature Ed25519, sans serveur d'activation — cohérent avec le discours local-first. Le champ tarifaire Payload est donc freemium, pas gratuit : la veille qui décrivait Catenary comme « entièrement gratuit » se trompait.
Ce que la bête sait vraiment faire
Le cœur du produit, c'est le canvas. Là où les IDE classiques empilent des panneaux en tuiles, Catenary pose chaque terminal, chaque éditeur, chaque navigateur sur un plan infini qu'on pan et qu'on zoome, chaque agent ayant sa couleur, suivie dans la sidebar comme dans son territoire. Le bouton « New Task » crée une branche isolée avec son répertoire de travail et son agent, sans toucher l'arbre courant : trois expériences en parallèle sans se marcher dessus.
Deux mécaniques sortent du lot. D'abord les « context wires » : on tire un fil d'un panneau vers un agent pour lui passer du contexte, avec relay automatique quand la source se tait, ou permission permanente. Fini le copier-coller. Ensuite le Maestro Mode : un agent « maestro » recrute, briefe et câble une équipe de helpers, désactivé par défaut et activé d'un clic humain, chaque action ouvrant une carte d'approbation éditable avant d'apparaître sur le canvas. Les squads intégrés ont des noms de bande dessinée — Bug Whisperer, Git Wizard, Refactor Gremlin, Code Reviewer — mais correspondent à de vrais rôles. L'éditeur est Monaco, celui de VS Code, avec diffs côte à côte de tout ce que l'agent a touché, et une CLI maison propose catenary ask et catenary maestro recruit.
Les couleuvres à avaler
La première est la jeunesse : le dépôt GitHub des releases a été créé le 1er septembre 2026, et la v1.0.4 datait du 7 septembre. Huit jours de vie publique, zéro avis indépendant repéré sur Reddit, Hacker News ou YouTube au moment du dossier. Aucune preuve d'adoption réelle au-delà des sept commentaires de la page Product Hunt.
La deuxième est technique et assumée : l'installer n'est pas signé, et le site prévient lui-même que le système bloquera le fichier au premier lancement. Pour un outil qui manipule des clés API et lance des agents autonomes, la friction est réelle. La troisième découle du même soupçon : le code est fermé, le dépôt ne contient que des binaires, sans licence et avec zéro étoile. L'argument « vos clés ne nous transitent jamais » repose sur la parole du maker — cohérent avec l'architecture hors-ligne, mais non vérifiable par lecture du code, contrairement au concurrent Cate, qui est open-source MIT avec 2 132 étoiles et cinq mois d'avance.
Enfin, c'est une app Electron : la consommation mémoire d'un canvas infini peuplé de N agents et de navigateurs embarqués reste une inconnue, et le créneau n'est pas vide — Cate, Claude Agent Teams, Gas Town, Multiclaude et la famille Conductor se bousculent déjà au portillon.
Verdict
Catenary pose une bonne question — et si l'orchestration multi-agents était un problème spatial plutôt qu'une affaire de process ? — et y répond avec un vrai soin du détail. Le local-first sans compte ni télémétrie, la licence à vie à 19 $, le Maestro Mode à approbation humaine : tout est pensé pour séduire le développeur qui en a marre du cloud et des abonnements. Mais un IDE qui pilote des agents autonomes avec des clés API exige de la confiance, et la confiance se gagne avec du recul, du code lisible et des utilisateurs — trois choses que ce produit de huit jours n'a pas encore. Aujourd'hui, Catenary est un jouet prometteur. Dans six mois, s'il survit à son unique développeur, ce sera peut-être un outil. En attendant, Cate, l'open-source, vous regarde avec l'air de dire : « moi, au moins, tu peux lire ce que je fais de tes clés. »
★★★★☆
cas d'usage
- 1. Piloter plusieurs agents de codage en parallèle sur des worktrees isolés
- 2. Déléguer un bug à un agent pendant qu'un autre refactorise
- 3. Comparer visuellement les diffs de chaque agent sur un même canvas
- 4. Orchestrer une équipe d'agents via le Maestro Mode sur un gros chantier
- 5. Garder le contrôle et l'auditabilité de workflows multi-agents sans télémétrie
astuces
- → Activer l'essai Pro de 7 jours sans carte pour tester les squads et le Maestro à 5 helpers
- → Utiliser les context wires pour passer du contexte sans copier-coller entre fenêtres
- → Garder le Maestro Mode off par défaut et valider chaque carte d'approbation avant exécution




