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Airuncode

Airuncode

Le runtime d'agents qui veut 1 % de vous

visiter l'outil →freemiumFree / Pro 15 $/mois / Studio 49 $/mois

points forts

  • + Exécution 100 % locale, sans intermédaire cloud
  • + BYOK au tarif fournisseur, zéro marge revendiquée
  • + Moteur 3D V-CORE intégré (environ 1,2 Mo) avec NPC vocaux
  • + Pilotage vocal Whisper traité localement, jamais transmis
  • + Cycle Research, Build, Verify avec tests auto-réparés

points faibles

  • Clause §5 de l'EULA : 1 % d'équité ou de royalty perpétuelle au-delà de 100 000 $ de revenus
  • 100 % propriétaire, aucun repo public, zéro benchmark indépendant
  • Entité obscure (SANisidrosoftware.spa, aucune présence publique)
  • Free tier limité à deux clés de 48 h par semaine

review complète

Airuncode Le runtime d'agents qui veut 1 % de votre startup

État des lieux

Airuncode débarque sur Product Hunt le 7 septembre 2026, précédé d'un Show HN discret le 4 (cinq points, zéro commentaire). Le pitch, en VO : « The agent runtime that lives on your machine. » Traduction : un environnement de développement fermé Windows, macOS, Linux, app Electron qui fait tourner plusieurs agents de code en parallèle sur votre machine, en BYOK (bring-your-own-key, zéro marge revendiquée sur les tokens), avec des modèles locaux GGUF, un pilotage vocal via Whisper local, et une cerise sur le gâteau : un moteur 3D embarqué nommé V-CORE (Vulkan + PBR + Lua), dont le binaire est revendiqué à environ 1,2 Mo.

Derrière la vitrine, une entité juridique chilienne, SANisidrosoftware.spa (Sociedad por Acciones, juridiction de Santiago), conçue par un certain Gustavo Arreturreta, alias GUSTAVOSIS sur Hacker News. Une société sans site, sans registre public, sans LinkedIn, sans financement déclaré. Et c'est là que ça devient intéressant.

Car ce qui distingue vraiment Airuncode de la meute open source (Cline, OpenHands, Goose, Aider tous MIT ou Apache) n'est pas technique, mais contractuel. Sa EULA v3.0 « AI-Era Edition » contient une clause de « participation au succès commercial » qui ferait pâlir Unity et sa Runtime Fee : 1 % d'équité ou 1 % de royalty perpétuelle sur tout produit commercial générant plus de 100 000 dollars de revenus bruts sur douze mois glissants, s'il a été « substantiellement » développé avec l'outil. On en reparle.

La traction au lancement est, disons, mesurée : 97 upvotes et un commentaire sur Product Hunt, zéro commentaire Hacker News. Une présence GitHub nulle aucun repo officiel, seulement quatre mentions non officielles, dont un agrégateur de veille et une liste « awesome-ai-startups ».

La carte des menus

Freemium à trois étages, facturation Stripe ou PayPal, TVA UE incluse détail curieux pour une société chilienne, probablement géré via Stripe Tax.

  • Free : 0 $. Deux « environment keys » de 48 heures par semaine (des licences temporaires « Tyrant »), modèles locaux illimités via llama.cpp, ContextMeter et Cost Tracker, V-CORE basic avec un seul mod, communauté Discord. Sans carte bancaire.
  • Pro : 15 $/mois. BYOK illimité, swarm multi-agents sans limite de workers, Context Snapshots et rollback cognitif, V-CORE complet avec mods et templates moteur, Post-Session Test Runner et Agent Guard, support email prioritaire.
  • Studio : 49 $/mois. Tout le Pro jusqu'à cinq sièges, multi-workspace synchronisé, audit centralisé et export, modèles custom (endpoints privés), onboarding guidé 1:1, SLA 99,9 % et canal Slack partagé.

Les tokens, eux, sont facturés au tarif du fournisseur : l'utilisateur branche ses clés (OpenAI, Anthropic, DeepSeek, Qwen, OpenRouter) et paie le prix direct, sans marge une promesse d'« origin pricing » qu'aucun agrégateur ne tient habituellement.

Ce que la bête sait vraiment faire

Sur le papier, le couteau est suisse. Le runtime exécute les agents sur la machine : accès au shell, à Git, au compilateur, à un serveur localhost. Un REPL stateful qui « compile, déploie en localhost, absorbe les panics des logs et auto-corrige ». Un swarm d'agents parallèles avec ordonnancement « dependency-aware », le site affichant fièrement « 12 WORKERS » en vitrine.

La partie qui fait lever un sourcil, c'est V-CORE : un moteur 3D compact (binaire vcore.exe d'environ 1,2 Mo, distribué séparément), rendu Vulkan + PBR, scripting Lua, terrains procéduraux, billboards « impostor » pour des milliers d'entités, sync temps réel Blender, et des NPC vocaux via Whisper local. Le site compare : « Unity : environ 800 Mo. Unreal : environ 5 Go. Les prochains jeux vidéo pourraient peser 1000× moins. » Un argumentaire marketing, à ce stade sans la moindre mesure indépendante.

Côté workflow, la promesse est celle d'un cycle complet : Research Synthesis Build Verify, avec détection automatique des frameworks de test (Vitest, Jest, pytest, Cargo), exécution de la suite, lecture des stack traces, correction et re-run jusqu'au vert. Le tout pilotable à la voix, l'audio Whisper étant traité localement, « jamais transmis ».

Les couleuvres à avaler

Commençons par le plat de résistance. La clause §5 de l'EULA : au-delà de 100 000 dollars de revenus bruts sur douze mois glissants pour un produit « substantiellement » développé avec Airuncode, l'éditeur peut exiger 1 % d'équité de votre société, ou 1 % de royalty perpétuelle à sa discrétion, l'option royalty étant le défaut sous 90 jours. Obligation de notification sous 30 jours, droit d'audit comptable. La clause survit à la résiliation et « persiste pendant la durée de vie commerciale du produit ». Pour un outil qui cible les créateurs de jeux, l'ironie est totale. L'applicabilité juridique réelle contrat chilien, notion de « substantiellement » floue n'a jamais été testée.

Ensuite : zéro open source dans une catégorie qui l'est massivement. Aucune licence OSI, aucun repo. Les revendications « 300+ modèles », swarm « 12 workers », « 70B params », moteur « 1000× plus léger » sont invérifiables et non benchmarkées.

La privacy est sous conditions : HWID collecté pour la licence et l'anti-piratage, télémétrie distante « optionnelle » mais activable, données potentiellement traitées hors de votre pays, suppression de compte synonyme de révocation immédiate des licences.

Enfin, le free tier est trompeur : le « Free forever » ne donne que deux clés de 48 heures par semaine un usage intermittent, en pratique. La seule vraie gratuité, ce sont les modèles locaux. Et l'entité reste obscure : une EULA « v3.0 » datée d'avril 2026 et une Privacy Policy de juillet 2026 pour un produit public depuis septembre, avec des incohérences de dates entre onglets légaux.

Verdict

Airuncode a le mérite de la candeur : il met noir sur blanc ce que la plupart des outils gardent implicite le troc entre votre code et son modèle économique. Le problème, c'est qu'il le fait avec une clause de 1 % perpétuel, sans aucun benchmark pour étayer ses promesses techniques, dans une catégorie où Cline, Goose ou Aider font mieux et gratuitement, code source ouvert à l'appui.

Pour le développeur curieux qui veut tester un runtime d'agents local avec un moteur 3D en prime, la version gratuite suffit à jeter un œil. Pour bâtir quoi que ce soit de commercial dessus, lisez la EULA deux fois. Mieux : trois.

cas d'usage

  • 1. Faire tourner plusieurs agents de code en local avec ses propres clés
  • 2. Prototyper des jeux avec le moteur V-CORE et ses NPC vocaux
  • 3. Automatiser la correction de tests (pytest, Jest, Vitest, Cargo)
  • 4. Développer hors-ligne grâce aux modèles GGUF locaux
  • 5. Tester un runtime d'agents piloté à la voix sans envoyer d'audio

astuces

  • Lire la clause §5 de l'EULA avant tout usage commercial
  • Profiter du free tier pour tester les modèles locaux illimités
  • Plafonner ses clés BYOK pour éviter les dérapages de coût